Je suis une maman qui prend bien soin de ses enfants, mais prend bien soin de sa maison. Je suis un écrivain qui aime écrire, mais qui se laisse rarement écrire ce qu’elle aime. Je suis une amie qui n’arrive pas à écrire à ses amis éloignés. Je suis juste une femme qui essaie de faire face à sa honte, donc elle perd le contrôle qu’elle a sur sa vie.
Par
Jessica Rosenberg, contributrice
Écrivain

La honte.

Un mot et un concept aussi chargés. Certainement quelque chose qu’aucun de nous n’aime penser, et encore moins admettre que nous ressentons jamais. Nous aimons prétendre que la honte est réservée aux trucs énormes, c’est-à-dire qu’elle est liée à de grosses mauvaises choses dont la société convient qu’elles sont mauvaises. Mais la honte est plus que cela, nous éprouvons tous de la honte, elle est présente dans toutes nos vies quotidiennes, paradant comme autre chose. Et ironiquement, aucun de nous ne devrait avoir honte de ressentir de la honte.

10 petites hontes de mamans qui vous font sentir que vous n’êtes pas seule

On a toutes en tête l’image de la mère parfaite. Toujours là pour sa famille, aux petits soins pour ses enfants. Jamais un mot plus haut que l’autre, une progéniture calme et impeccablement coiffée lisant sagement dans une chambre parfaitement rangée. Alors quand on jette un œil du côté de notre « propre » maison, nos enfants débraillés et la pagaille qui règne un peu partout, on se dit que…

STOP, il est temps de remettre les pendules à l’heure. Face à la pression ambiante, nous avons eu envie de partager nos petites hontes, nos loupés, notre quotidien, la vraie vie d’une maman en somme. Parce que franchement, vous l’avez déjà croisée vous la mère parfaite ? Alors il serait peut-être temps d’arrêter de se mettre la pression !

Allez, je me lance. Et que celle qui ne se sent en rien concernée me jette le premier CD de comptines…

Je détestais allaiter . J’ai essayé et essayé et essayé de réussir, mais je ne pouvais tout simplement pas. Il n’a tout simplement jamais marché avec moi ou l’un de mes fils, donc à un âge précoce, ils ont tous deux pris le lait artificiel.

Oui, il m’arrive de ne pas avoir envie de lire une histoire le soir. Alors je choisis le plus petit livre (celui qui ne contient que 5 mots parce que je sais que ça va aller vite). Mais j’aime ce moment intense et complice.

Oui, il m’arrive de faire exprès de ne pas les trouver pendant la partie de cache-cache pour bénéficier de quelques minutes de silence de rab. Mais je sais qu’au fond ils aiment ça, car ils ont l’impression d’avoir trouvé la cachette du siècle.
Oui, je n’arrive pas à me souvenir de la date de leur première dent. Ni de leur première coupe de cheveux. Mais je n’oublierai jamais leur premier regard, leur fierté le jour de la rentrée des classes, leur premier anniversaire, ni nos premières vacances en FAMILLE.

Oui, il m’arrive de demander à mes enfants «vous voulez manger quoi ce soir ?» parce que je sais parfaitement qu’ils vont me répondre « des pââââââtes » et que je serai exemptée de la corvée de leur cuisiner des légumes (et surtout de les leur faire manger). Mais promis, pas plus d’une fois par semaine !
Oui, il m’arrive de ne pas être toujours follement enthousiaste (pléonasme) à l’idée d’accompagner Loulou (et sa horde de copains en furie) à sa sortie piscine et donc, de décréter que j’ai une réunion hyper importante au boulot pour y échapper (27 enfants surexcités enfermés dans un autocar, c’est au-dessus de mes forces). Mais j’essaie de participer à une sortie de classe au moins une fois par an (et aussi d’y envoyer son papa) ça les rend tellement fiers.

Oui, il m’arrive de mettre mes enfants devant la télé parce que j’ai des papiers à remplir et besoin de calme (ou un bon bouquin à finir). Mais je choisis le programme et pas question que ce soit bêtifiant, on reste dans le ludique et l’éducatif !
Oui, il m’est arrivé de donner à mes enfants des petits pots et maintenant des petits plats tout prêts plutôt que de leur cuisiner un délicieux sauté de veau accompagné de sa purée de topinambour et panais. Mais avec le temps gagné, on fait une partie de jeu de société.

Oui, il m’arrive d’être contente et soulagée au moment où je referme la porte de la chambre de mes poussins finalement couchés. Ouf, j’ai enfin du temps pour moi. Et c’est essentiel pour mon équilibre de parent, non ?
Oui, il m’arrive d’envoyer ma progéniture jouer dans le jardin pour qu’ils prennent l’air, mais surtout pour ne plus entendre le terrible refrain chanté en boucle « Libérée, délivrée ». Mais souvent je finis par les rejoindre car j’adore les voir jouer ensemble.

Oui, il m’arrive d’apprécier que mes enfants soient en vacances chez Mamie et Grand-père. Ce retour à la maison après le travail, dans le calme, sans précipitation et sans obligation de se presser pour réussir dans les temps le combo devoirs/dîner/bain/dents/pipi/histoire/dodo… Quel pied ! Et je me sens tellement plus disponible, en forme et patiente à leur retour.

Et la fois où j’ai attendu qu’ils soient endormis pour piocher dans leur récolte de bonbons d’Halloween… (De toutes les façons, ils en avaient beaucoup trop !) On en parle ?

Est-ce que tout cela fait de moi une mère indigne ou juste une femme normale qui fait de son mieux pour trouver l’équilibre et être à la fois femme et maman ? Je pense sincèrement que je suis la meilleure maman pour mes enfants, je les aime de tout mon cœur et ils me le rendent bien.

 

Source@aufeminin